Tout d’abord, laissez-moi vous présenter Noël, 35 ans, ours en peluche, colocataire de mon bureau depuis 2 semaines.
La présentation reste certes assez sommaire mais Noël étant le personnage principal de mon histoire, vous comprendrez assez vite comment il a fini sur le canapé de mon bureau.
Je ne pourrais compter le nombre de fois où mon fils m’a demandé de lui raconter mon enfance et mes souvenirs de famille. Et je me souviens de son étonnement quand il a découvert que sa mère, étant enfant, n’avait pas de doudou. Non, lui expliquais-je : « Je n’avais pas de doudou ». C’était pour lui incompréhensible au vu de l’attachement qu’il portait au sien. Il me demandait donc si au moins j’avais une peluche favorite et c’est là que je lui racontais l’histoire de Noël. L’histoire de cette petite fille de 10 ans qui avec ses étrennes avait acheté aux Galeries Lafayette le plus bel ours en peluche qui existait. Elle l’appela Noël comme le moment de l’année où il était entré dans sa vie.
Après cela, je devais lui décrire en détails cet ours. « Est-ce qu’il était grand ? Quel taille faisait-il à peu près ? De quelle couleur était-il ? Comment était sa fourrure ? » Et, au fil des ans, l’histoire de l’ours Noël était devenue l’une de ses favorites et elle finissait toujours par la même question : « Qu’était devenu Noël ? » Je n’en savais rien. J’avais grandi dans les déménagements et je n’avais rien conservé de mes jouets d’enfance. J’avais grandi et il y avait eu trop de villes, trop de pays différents, trop de déménagements pour savoir à quel moment Noël avait disparu.
Une bien triste histoire me direz-vous? Mais c’était sans compter sur un tapis de yoga.
J’ai passé les vacances de Février chez mes parents dans le Sud-Ouest. Ils gardent chez eux un tapis de yoga pour éviter que je me déplace à chaque fois avec le mien. Mon père le sort automatiquement avant mon arrivée pour que je puisse faire mes exercices quotidiens. Que vient faire un tapis de yoga dans cette histoire ? Quand je vous dis que le yoga est salvateur ! En voulant ranger mon tapis de yoga avant mon départ, je vois quelque chose par terre qui m’empêche de le poser dans l’angle. Je tends la main pour ramasser l’objet et j’en sors Noël ! Oui, l’ours Noël ! J’en suis restée sans voix !
J’avais dans les mains l’ours de mon enfance. Moi, Aurélie, 45 ans, je retrouvais le fameux Noël de mes 10 ans. On avait tous les deux vieilli, l’un avait plus de rides que l’autre, mais les souvenirs étaient intacts. Noël n’avait rien perdu de sa splendeur !
Bizarrement, je ne savais pas quoi en faire. Et c’est mon fils de 11 ans qui a trouvé la réponse en s’exclamant : « Il repart avec nous Maman ! Enfin, c’est Noël ! » A partir de là, tout un processus de transmission s’est mis en place entre la grand-mère, la mère et le fils. J’ai lavé l’ours avec amour, ma mère lui a refait une beauté et brodé un nez tout neuf et mon fils lui a fait une place de choix dans la voiture. Et c’est ainsi que l’ours Noël a fait le voyage retour avec nous comme si on ramenait mon fils et moi un trophée, un trésor.
Comme dans toutes les histoires, il y a une morale à la fin. N’oubliez pas de transmettre vos souvenirs, votre histoire à vos enfants. Car ils portent en eux une part de vous.
J’ai compris quand Noël a pris place sur le canapé de mon bureau, toute l’importance qu’il avait. Car à 11 ans mon fils n’a pas besoin d’un nouvel ours en peluche. Il est devenu trop grand pour ça. Au fond, il avait juste besoin de rendre l’histoire de l’ours Noël concrète et de posséder un souvenir d’enfance de sa mère.
